Ouverture d’une route à pied jusqu’à Jérusalem

Objectif :
Ouvrir pour les années à venir une Route de recherche de la paix par et pour les jeunes des trois religions qui se réclament du Dieu unique dans la fidélité à la Foi vivante d’Abraham.

Motivation :
entre autres causes, nombreuses et convergentes, cette Route a été suscitée par l’existence auprès des jeunes Chrétiens de France, des Communautés Islamiques et Juives de plus en plus importantes, et par l’importance de lutter pour que l’amitié qui voudrait naître entre les jeunes de ces trois Communautés Islamiques, Juives et Chrétiennes ne soient pas « bloquée »par le conflit du Moyen-Orient, mais soit au contraire et malgré toutes les difficultés « recherchée à contre-courant » et remontant comme une source d’Espérance jusqu’au Moyen-Orient.
Alors que pour bien des jeunes, ceci ne pourrait se faire qu’en sautant l’obstacle supplémentaire des convictions religieuses et spirituelles, cette remontée vers Jérusalem a été suscitée par des contacts pris avec des jeunes des trois Communautés convaincus qu’il ne s’agit plus de « sauter » la difficulté mais de l’APPROFONDIR.
Ces contacts ont été spécialement favorisés par l’action de la Fraternité d’Abraham. La Fraternité d’Abraham a pour but de réunir tous ceux qui, a des titres divers, sont attachés aux valeurs spirituelles, morales et culturelles issues de la tradition d’Abraham et qui sont résolus à s’efforcer sincèrement d’approfondir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale et les valeurs morales, la paix et la liberté. (Art Ier des statuts)

OUVERTURE :
Afin de demeurer accessible à tous, et bien que reconnaissante à la Fraternité d’Abraham pour le témoignage qu’elle lui rend, l’ouverture de cette première Route est faite à titre simplement personnel et volontairement discret par l’Abbé André Haim et par son compagnon de 22 ans Wilfried Reinermann, de Pâques 1972 à Pâques 1973.

La seconde Route est déjà à l’étude spécialement avec les Compagnons de l’Arche de Lanza des Vasto, de Pâques 1973 à Pâques 1974.

A partir de l’expérience de ces deux premières Routes, une troisième Route sera alors ouverte par une première équipe de jeunes en 1974-1975.

D’une route disponible à la recherche des jeunes.
Il y a la conviction que, dans chaque pays traversé, dans chaque communauté, humaine ou religieuse rencontrée, des hommes, des femmes, des jeunes feront réussir cette première Route, parce qu’ils en saisiront l’importance et ne voudront pas que s’éteigne l’Espérance qu’elle porte en elle.

Partout où un accueil effectif lui aura été fait, cette première Route posera des JALONS d’accueil pour la Route suivante, élargissant ainsi l’espace de l’amitié… jusqu’à ce que les jeunes de L’Islam, du Judaïsme et du Christianisme osent ouvrir leur première Route commune comme une terrible force d’espérance, peut être plus puissante que telle action politique issue d’une telle analyse socio-économique, celle-ci ou celle-là restant pourtant nécessaires.

En vue d’une reconnaissance mutuelle des croyants
Ouverte à Genève, en cette Pâques 1972, partant peut être demain de Taizé avec les jeunes, cette Route appelle dans le prolongement de la réconciliation oecuménique entre les églises chrétiennes, la reconnaissance entre elle des trois religions abrahamiques, reconnaissance amorcée par la déclaration sur l’attitude à l’égard des religion non chrétiennes, promulguée par Paul VI le 20 octobre 1965, en fin du Concile Vatican II.

Et de la paix sur Jérusalem
Si elle aboutit ; plus exactement si elle remonte vers Jérusalem, au coeur des difficultés, et donc au lieu même de l’ESPERANCE, ce n’est pas pour une croisade quelconque.
Mais, tout au contraire, chaque jeune ayant vécu cette Route et l’expérience qu’elle comporte, comprendra mieux l’importance de travailler dans son pays et son environnement quotidien, à la reconnaissance de plus en plus sincère des valeurs spirituelles, culturelles, et humaines, propre aux croyants de l’Islam, du Judaïsme.

Pour parler de paix et de justice au Moyen Orient, ne faut il pas percevoir que demeure là où nous vivons touts les jours des injustices d’ordre spirituelles, injustices qui nous apparaîtront bientôt aussi importantes que les injustices sociales d’hier, ou que les injustices décelées par l’approche d’ordre socio-économique d’aujourd’hui dans l’ordre politique.

Cette Route à pied à Jérusalem voudrait introduire nos coeurs, et appeler nos pas vers cette oeuvre de Justice qui viendra compléter, si Dieu veut, faire éclore la recherche actuelle.

Dans le silence de la plaine (Genève)
Ce Jeudi Saint 30 mars 1972.

Les commentaires sont fermés.