Appels aux jeunes! de Beyrouth

Le 26 Janvier 1973

REALISME POUR DEMAIN.

Dans un petit village du Sud du Liban, qu’il ne faut point nommer, s’y développe comme une vraie plante, bien enracinée dans le réel local, avec une analyse constante de données qui évoluent comme la vie, le passage des structures féodales – (toutes les terres appartiennent  à deux propriétaires) et religieuses (le village est chiite) – à une promotion collective faisant appel non seulement aux villageois eux-mêmes mais à tous ceux susceptibles d’oeuvrer dans le même sens.

C’est pourquoi, hier, je me trouvais à réfléchir sur cette action, non seulement avec le jeune responsable, mais avec deux autres de ses amis étudiants, sans s’occuper du fait que celui-ci fût musulman, le second juif, et le troisième chrétien.

Cela n’avait pas d’importance – et en même temps, parce que chacun apporte à ce travail toute sa personnalité, tout ce que chacun Est, la composition de cette équipe, sans avoir été recherchée comme un objectif, manifestait une richesse de complémentarité étonnante.

Faire en sorte que ce qui, hier, si fortement et aujourd’hui encore, COMPLIQUE la construction de ce monde : je veux dire nos appartenances RELIGIEUSES, VIENNE A ENRICHIR, à FECONDER le travail des hommes,

Faire en sorte que, après avoir pensé qu’il fallait DETRUIRE, ou laisser mourir ou ne plus s’occuper de la DIMENSION SPIRITUELLE de l’HOMME, nous comprenions comment Dieu lui-même, vient … travers tout travail qui part du REEL TOTAL,

Faire en sorte que, refusant le doute rationnel là où il nous faut ACCUEILLIR EN SILENCE Celui qui peut ainsi venir, par NOTRE RESPECT DE CETTE REALITE qui est son oeuvre ; la terre, les hommes tels qu’ils sont, les femmes telles qu’elles sont, le temps qu’il faut à chaque chose pour mourir, nous apprenions cet acte de foi d’Abraham qui est le sourcement commun en qui nous nous retrouvons, non seulement Juifs, Musulmans ou Chrétiens, mais tous ceux qui VIVENT dans l’ESPERANCE active…

Faire en sorte que se découvrent, se reconnaissent tous ceux et toutes celles qui, tellement humblement, tellement simplement VIVENT AINSI, leur vie quotidienne, dans les villages et les villes tout au long d’un chemin (comme par exemple celui qui relie Genève à Jérusalem),
leur permettre de découvrir que leur vie r‚elle et humble CONSTRUIT REELLEMENT ET DAVANTAGE que les grands bruits des meneurs politiques et des prédications religieuses,
et ainsi les relier les uns aux autres, par une signification retrouvée de leur Foi, de leur vie, de leurs amours humaines, de leurs peines, qu’ils soient jeunes ou vieux, étudiants ou bergers ou ouvriers, ou chauffeurs de poids lourds ou papas de villages ou imams, ou insérés dans toute autre réalité de la vie,

LA ROUTE A PIED A JERUSALEM T’OFFRE, HUMBLEMENT D’APPRENDRE CETTE CAPACITE DE REALISME POUR T’EN SERVIR LA OU TU VIS, AFIN QUE TU SACHES RELIER LES HOMMES DIVISES, ET QUE, DE PROCHE EN PROCHE, CE QUI DIVISE JERUSALEM DEVIENNE JAILISSEMENT UNIVERSEL D’ESPERANCE.

A. H.

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