Le manifeste

La Route de Jérusalem : Un pari engagé pour une École de la paix

Question posée à de jeunes occidentaux :

– Nous voyons les bouleversements culturels (racismes…), économiques (chômage, paupérisation…), militaires (conflits armés…) affecter notre vie, être en partie à l’origine d’un sentiment d’impuissance, voire de désespérance.

– Nous constatons souvent que la lutte des hommes et des peuples pour exister, se fait au détriment d’autrui (en s’assurant des territoires, des sécurités…)

– N’y aurait-il pas alors une possibilité de lutter contre le caractère inéluctable de cette réalité et de faire que la rencontre humaine, la paix entre les peuples ne soient pas seulement une utopie?

Un outil de recherche : La Route de Jérusalem

Depuis 1972, des hommes, des femmes, par groupe de deux ou trois marchent vers Jérusalem pour tenter d’OUVRIR UNE ROUTE DE LA PAIX en traversant la France, l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël. Par étapes quotidiennes de 20, 30, 40 kms. Ils avancent à pied sans auto-stop et n’ont d’autres solutions pour manger, dormir… que celles qui leur sont proposées au fil de leurs rencontres. Cette attitude leur paraît nécessaire pour :

  • créer les conditions d’une authentique rencontre humaine,
  • se laisser interroger par la vie quotidienne des hommes, leur géographie, leurs raisons de vivre, leurs luttes, leur mémoire,
  • expérimenter une pratique non-violente.
Pourquoi Jérusalem et non pas Tombouctou ?

Pour certains Jérusalem est la Ville Trois Fois Sainte: la ville d’une Attente.
Pour d’autres elle est le point de convergence de différents courants historiques, culturels, religieux et l’un des pôles d’enracinement des civilisations dont nous sommes imprégnés. Elle est aussi le siège d’enjeux politiques et géostratégiques.
Là, au coeur des conflits entre les communautés humaines se réclamant du Dieu Unique, se joue peut-être le pari d’une reconnaissance mutuelle entre les peuples

L’enjeu : faire avancer la Paix

Le pari engagé ici est qu’un certain nombre de jeunes acceptent de faire l’apprentissage d’une attitude fondée sur la remise en cause de certitudes toutes faites, de jugements trop hâtifs, afin de vivre la réalité du monde qui les entoure dans sa complexité et ses contradictions.

Partir à pied vers Jérusalem, pose deux questions:
Les jeunes marcheurs, et en particulier les jeunes des pays traversés, accepteront-ils la rencontre?
Les habitants de ces pays accepteront-ils de les accueillir sans prendre de risques personnels, sans avoir le sentiment de trahir leur identité, leur sensibilité ou leur groupe (parfois en lutte)?

Des centaines de personnes qui jalonnent la Route de Jérusalem attendent le passage des prochains marcheurs – signes d’une espérance

VlLLOISON, le 1er mai 1983

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